Soleil Vert : une prédiction… ou un mode d’emploi ?
En 1973, Soleil Vert imaginait une société dans laquelle la population ne possédait plus la terre qui la nourrissait, ne connaissait plus la composition de ses aliments et dépendait entièrement d’une corporation pour survivre. Le film situait cette histoire en 2022. Pendant des décennies, nous avons cru que toute son horreur résidait dans sa révélation finale : « Soylent Green, c’est de la chair humaine. » Mais si nous n’avions pas regardé au bon endroit ? Avant l’usine, il y avait déjà les terres agricoles devenues inaccessibles, la disparition de la nourriture naturelle, les substituts industriels, les corps anonymes dans les rues, les femmes désignées comme du « mobilier » et une institution capable d’offrir aux citoyens épuisés une mort calme, esthétique et parfaitement encadrée. Dans ce Dossier du dimanche, l’histoire de Soleil Vert est reprise depuis son commencement afin de comprendre pourquoi ce film de 1973 paraît aujourd’hui beaucoup plus troublant qu’une simple dystopie. Terres agricoles, Bill Gates, protéines d’insectes, viande cultivée, véritable marque Soylent, euthanasie institutionnalisée, utilisation industrielle de cellules et de tissus humains, rumeurs alimentaires et programmation prédictive : chaque rapprochement ajoute une nouvelle pièce au tableau. Était-ce une prédiction ? Une mise en garde ? Ou la présentation anticipée d’une logique que notre époque a progressivement rendue acceptable ?
Source :
https://www.youtube.com/watch?v=hVPFVypqsrU